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Qu’est-ce que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) et pourquoi a-t-il classé le glyphosate comme une « substance probablement cancérogène pour l’humain »?

Catégorie : La santé

Le CIRC est l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé spécialisée dans la recherche sur le cancer. Le CIRC a évalué le glyphosate en mars 2015 et l’a classé dans le groupe 2A, qui comprend les agents probablement cancérogènes pour l’humain. L’étude du CIRC a examiné le danger global posé par le glyphosate et conclu que le glyphosate peut, dans certaines conditions, causer le cancer. L’évaluation du danger effectuée par le CIRC n’a pas pris en compte les utilisations dans la vie réelle de cette substance chimique, contrairement à l’évaluation du risque que font les organismes de réglementation comme l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), l’Environmental Protection Agency aux États-Unis (USEPA) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments, qui se penchent aussi bien sur le danger que sur le risque pour les humains dans des conditions réelles et typiques d’utilisation.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) est l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) spécialisée dans la recherche sur le cancer. L’objectif du CIRC est de promouvoir la collaboration internationale dans le domaine de la recherche sur le cancer. Cette agence interdisciplinaire regroupe des compétences de diverses disciplines, y compris l’épidémiologie, les sciences de laboratoire et la biostatistique, et son but est de déterminer les causes du cancer afin de promouvoir l’adoption de mesures préventives et de réduire le fardeau du cancer. Un volet clé du CIRC est son programme de monographies, qui identifie les facteurs environnementaux susceptibles d’accroître le risque de cancer chez l’humain, dont les produits chimiques, les mélanges de plusieurs substances chimiques (p. ex., la fumée de tabac), les expositions professionnelles, les agents physiques et biologiques, et les facteurs liés au mode de vie. Ensuite, les organismes de santé de pays partout dans le monde se servent de cette information pour justifier scientifiquement les mesures qu’ils prennent pour prévenir l’exposition à des agents qui pourraient causer le cancer, qu’on appelle des agents cancérogènes. Le CIRC souligne que le volume de production mondial du glyphosate est actuellement le plus élevé de tous les herbicides, ce qui pourrait éventuellement créer une possibilité d’exposition humaine. Donnant suite à l’avis de son groupe consultatif international, le CIRC a évalué le glyphosate à sa réunion d’examen de monographies de mars 2015. Suivant son évaluation des données probantes scientifiques tirées des études sur des humains et des animaux de laboratoire, le CIRC a conclu que le glyphosate devait être classé dans le groupe 2a des agents probablement cancérogènes pour l’humain. Il faut garder à l’esprit que les évaluations du CIRC sont axées sur le danger, c’est-à-dire que l’évaluation du CIRC cherche à établir si une substance est susceptible de causer le cancer, sans nécessairement étudier si, dans des conditions réelles d’utilisation, la substance présente un risque réel de causer le cancer. Ce type d’évaluation contraste fortement avec les évaluations axées sur le risque que font les organismes de réglementation partout dans le monde, y compris l’ARLA, la USEPA et l’Autorité européenne de sécurité des aliments; ces évaluations examinent soigneusement les utilisations d’une substance et la possibilité que des humains y soient exposés pour déterminer si les utilisations typiques de la substance posent un risque de cancer accru. Au Canada, seuls les pesticides qui présentent une certitude raisonnable qu’il n’y aucun danger pour la santé humaine peuvent être homologués par l’ARLA. L’agence a déterminé que l’utilisation du glyphosate au Canada satisfait à la norme de « certitude raisonnable qu’il n’y aucun danger ».

Derniers développements

Le 16 mai 2016, une réunion conjointe spéciale de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation mondiale de la Santé des Nations Unies a eu lieu pour réévaluer le glyphosate et d’autres composés à la lumière de nouvelles études publiées depuis la dernière évaluation exhaustive. La conclusion de cette réunion est qu’il est peu probable que l’exposition au glyphosate par l’alimentation pose un risque carcinogène ou génotoxique pour les humains.

La distinction entre danger et risque est importante pour comprendre la différence dans ce qui semble être des conclusions contradictoires du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le CIRC prend en compte la possibilité qu’une substance cause des préjudices dans certaines circonstances, tandis que les organismes de réglementation comme l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), l’Environmental Protection Agency (EPA) aux États-Unis et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) prennent en compte la probabilité (risque) que des effets néfastes soient observés à des niveaux d’exposition réalistes. Les organismes de réglementation partout dans le monde, y compris l’ARLA, l’EPA, l’OMS et l’EFSA, concluent systématiquement depuis des années que les utilisations approuvées du glyphosate conformément au mode d’emploi ne présentent pas de risque de cancer, ni d’autres risques, pour la santé humaine.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.

OMS. Réunion conjointe FAO/OSM sur les résidus de pesticides. Rapport sommaire, 16 mai 2016