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Quels sont les facteurs qui influencent le niveau d’exposition des plantes et des animaux au glyphosate?

Catégorie : L'Environnement et la faune

La superficie de la zone traitée, la fréquence des applications et le taux d’application du produit sont parmi les nombreux facteurs qui déterminent l’exposition des plantes et des animaux au glyphosate. Seuls les animaux et les plantes qui vivent directement dans les zones traitées ou qui s’y rendent dans les semaines suivant le traitement sont susceptibles d’être exposés à des niveaux de glyphosate ou de surfactants qui sont significatifs.

Au Canada, on applique des herbicides à base de glyphosate sur quelque 150 000 ha annuellement, ce qui est l’équivalent d’un tiers environ de la surface récoltée par coupe à blanc. Le plus souvent, le traitement vise à dégager les jeunes pousses de conifères de la végétation concurrente et implique des applications aériennes qui ciblent expressément les sites de régénération, et cela d’une à quatre années après la récolte. Les zones traitées sont réparties à travers le paysage forestier et reçoivent habituellement un traitement, à un taux d’équivalent acide (EA) de ~ 2 kg par hectare, une ou deux fois durant un cycle d’exploitation de 40 à 80 ans. Les plantes visées dans le couvert forestier formé par la végétation concurrente ciblée (broussailles à feuilles caduques ou espèces herbacées hautes comme le peuplier faux-tremble, le framboisier ou la calamagrostide du Canada) sont susceptibles d’intercepter une partie relativement plus importante de la bouillie de pulvérisation que les plantes plus près du sol. Il est probable que l’exposition soit plus élevée chez les animaux qui habitent dans les zones traitées (d’août à la mi-septembre) et dont l’aire d’alimentation ou la mobilité est limitée. Les animaux qui habitent la zone ou qui s’y rendent peu de temps après le traitement peuvent aussi être exposés à des résidus en ingérant de la nourriture contaminée ou, à très court terme, par désorption des surfaces traitées. Comme le glyphosate est relativement non persistant, cette possibilité d’exposition dans l’environnement est courte (de quelques jours à quelques semaines) et implique des concentrations qui diminuent rapidement pendant cette période. En foresterie, les principaux plans d’eau comme les ruisseaux, les rivières, les étangs et les lacs sont généralement protégés par des zones tampons; il est donc probable que la plupart des organismes aquatiques ne sont pas exposés à des concentrations significatives du point de vue toxicologique. Les stades aquatique et terrestre du cycle de vie des amphibiens qu’on retrouve souvent dans les petits milieux humides peu profonds et habituellement éphémères, et qui peuvent se dérouler dans les limites des zones traitées, représentent un cas unique de potentiel d’exposition relativement élevé.

(Les herbicides à base de glyphosate ont-ils des effets néfastes sur les organismes aquatiques?).

De récentes analyses de risques (ARLA 2015) ont conclu que les utilisations typiques des herbicides à base de glyphosate, y compris en foresterie et même en agriculture, où les applications multiples sont courantes pour diverses cultures agricoles, posent peu de risque pour les oiseaux, les mammifères, les organismes du sol, le poisson et les amphibiens. Dans le contexte plus précis de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate en aménagement forestier, où l’exposition se limite à un taux d’application d’environ 2 kg EA/ha, Durkin (2003) conclut qu’aucun des quotients de danger n’est préoccupant aussi bien dans les scénarios d’exposition aiguë que chronique, et que ces analyses appuient les conclusions de l’Environmental Protection Agency des États-Unis (ESEPA), selon lesquelles les effets potentiels sur les oiseaux, les mammifères et les invertébrés sont minimes.

En foresterie, l’exposition des plantes et des animaux dépend de la fréquence, de la méthode et du taux d’application, qui affectent les niveaux initiaux dans les divers compartiments environnementaux ainsi que la probabilité qu’un organisme donné soit effectivement exposé. La persistance et le devenir des résidus dans les divers compartiments (sol, végétation, eau) déterminent la durée potentielle de l’exposition et la biodisponibilité de ces résidus. Enfin, les caractéristiques de la croissance des plantes ou du comportement naturel des animaux, dont leurs habitudes d’alimentation et d’interaction avec leur environnement, peuvent influencer la voie et le degré d’exposition. Comme les herbicides à base de glyphosate sont généralement appliqués une fois seulement entre la première et la quatrième année du cycle de succession, qui peut varier entre 40 et 80 ans, la probabilité d’exposition est plutôt faible pour la plupart des organismes. Par ailleurs, le potentiel d’exposition élevée existe uniquement pour les plantes qui poussent ou les animaux qui se nourrissent dans ces terrains en régénération au moment de l’application ou, vu les vitesses connues de dissipation des résidus d’herbicides, dans les huit semaines environ suivant le traitement. Au Canada, la superficie traitée aux herbicides à base de glyphosate est estimée à environ 150 000 ha de forêt par année, soit environ 19% de la superficie qui est récoltée par coupe à blanc, tandis que la majorité du territoire se régénère naturellement ou fait l’objet de méthodes autres que chimiques. C’est un aspect particulièrement important, puisqu’il régit la probabilité que la faune soit directement exposée ainsi que la proportion de l’habitat qui peut subir des effets potentiels indirects à la suite du traitement herbicide. Les herbicides à base de glyphosate sont généralement appliqués par voie aérienne à un taux d’application moyen de 1,9 kg EA/ha (Thompson 2011). Une bonne partie du pulvérisation appliqué par voie aérienne est interceptée par la couche ciblée de broussailles et d’arbustes, les quantités de produits chimiques distribuées verticalement sur la végétation herbacée au sol et les couches du sol étant proportionnellement plus faibles (Thompson et coll. 1997). Ainsi, les plantes qui occupent les couches supérieures des étages habituels de la communauté végétale (p. ex., aulne, peuplier faux-tremble) et les organismes qui s’alimentent dans cette couche (p. ex., oiseaux, orignaux) au moment de la pulvérisation ou peu après sont susceptibles d’être exposés à des concentrations plus élevées que les organismes qui restent au sol (p. ex., ver de terre, petits mammifères). Comme il est interdit d’appliquer le produit directement sur les ruisseaux, les rivières, les étangs et les lacs et que ces systèmes sont protégés par des zones tampons, la plupart des organismes aquatiques ne seront pas directement exposés. Une exception est la possibilité d’exposition directe des organismes aquatiques (p. ex., les amphibiens) vivant dans les milieux humides peu profonds et habituellement éphémères qu’on peut retrouver à l’intérieur ou à proximité immédiate des zones ciblées (voir la réponse aux questions 6 et 7 pour une discussion plus approfondie sur cet aspect), mais qui ne sont pas cartographiés ni visibles des airs, et donc qui ne sont pas exclus de la zone à pulvériser (Thompson et coll. 2004). Plusieurs études écotoxicologiques sur le terrain menées au Canada se sont penchées explicitement sur cette question, et les résultats semblent montrer que le risque pour les larves aquatiques et les amphibiens adultes terrestres sont minimaux.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.