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Quelle est la probabilité que le glyphosate dérive pour se retrouver dans des plans d’eau après son application par voie aérienne?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Les autorités réglementaires exigent la création de zones tampons autour des ruisseaux, des lacs, des rivières et des étangs qui se trouvent à proximité des zones qui seront traitées par voie aérienne. Essentiellement, l’utilisation de zones tampons autour de ces systèmes d’eau annule la possibilité de pulvérisation hors cible directe au-dessus de ces systèmes aquatiques. Les zones tampons, combinées à des technologies de pointe en matière d’application aérienne, dont la cartographie SIG, des systèmes de guidage électroniques et l’utilisation de buses à faible dérive, contribuent aussi à faire en sorte que l’herbicide n’atteigne pas les plans d’eau, que ce soit par pulvérisation hors cible accidentelle ou par la dérive de pulvérisation.


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En raison des techniques d’application aérienne de pointe utilisées, dont la cartographie SIG, les systèmes de guidage électroniques sur les avions, l’utilisation de buses à faible dérive ou l’obligation d’avoir des zones tampons autour des systèmes aquatiques, la probabilité que des concentrations de produits d’utilisation finale significatives sur le plan toxicologique se retrouvent dans les lacs, les ruisseaux ou les étangs est très faible. Des modèles de dispersion aérienne bien validés prédisent le dépôt d’une très faible quantité (<2 %) au-delà de 25 m en aval des parcelles traitées dans des scénarios d’application aérienne typiques comme le font les principales provinces utilisatrices que sont le Nouveau-Brunswick, l’Alberta et l’Ontario. Plusieurs études de surveillance opérationnelle ou semi-opérationnelle fournissent des données probantes qui confirment que la probabilité d’intrants dans les systèmes aquatiques protégés par des zones tampons est très faible et que, là où des concentrations sont mesurables, elles sont bien en deçà des niveaux connus pour leurs effets toxicologiques sur les organismes aquatiques. L’introduction potentielle d’intrants dans de petits milieux humides éphémères attribuable à une pulvérisation hors cible directe ou à la dérive représente un cas particulier, où le risque est relativement élevé pour les espèces telles que les amphibiens vivant dans ce type de systèmes aquatiques qui peuvent se trouver à l’intérieur ou à proximité immédiate des zones ciblées.

Au Canada, les scénarios opérationnels en foresterie procèdent à partir de cartes détaillées des parcelles à traiter et des régions avoisinantes établies à l’aide de techniques SIG. Une des mesures de protection obligatoires est la création de zones tampons pour minimiser toute possibilité de contact direct avec les plans d’eau comme les ruisseaux, les étangs et les lacs. Des technologies de pointe en application aérienne sont utilisées, dont des systèmes de guidage électroniques et des buses à faible dérive, et la surveillance météorologique permet de faire en sorte que les applications aériennes atteignent uniquement les parcelles ciblées et ont lieu en tenant compte des paramètres établis pour la vitesse du vent, la température et l’humidité (Thompson et coll. 2009; Thompson et coll. 2012). Ensemble, toutes ces mesures de contrôle et d’atténuation annulent le potentiel d’introduction d’intrants significatifs sur le plan biologique dans les systèmes aquatiques. En se basant sur les résultats de modélisation validés, on peut estimer que la quantité de glyphosate qui se dépose à des distances de 25 à 65 m en aval de la lisière de la parcelle traitée se situe entre 2 % et 5,6 % du taux d’application (Thompson et coll. 2012 Payne 1993; Riley et coll. 1991). L’interception par la végétation qui se trouve dans la zone tampon réduit encore plus le potentiel d’introduction d’intrants. Des études sur le terrain confirment aussi bien la faible probabilité que la faible quantité d’intrants dans les systèmes protégés par des zones tampons dans des conditions opérationnelles typiques (Thompson et coll. 2004, Feng et Thompson 1990; Gluns et coll. 1989; Adams et coll. 2007). De même, Couture et coll. (1995) ont résumé de multiples études en foresterie effectuées au Québec et conclu que le 90e percentile des concentrations observées dans l’eau équivalait à <0,3 % des concentrations qui causent une mortalité élevée à court terme chez les organismes aquatiques. Les petits milieux humides peu profonds non cartographiés qui peuvent se trouver à l’intérieur ou à proximité immédiate des parcelles traitées sont les systèmes aquatiques qui sont le plus susceptibles de recevoir des intrants chimiques directement à la suite d’une pulvérisation hors cible ou à cause de la dérive.