À propos de nous Ressources Contactez-nous English

Que disent les organismes de réglementation en environnement et en santé à propos de la classification du glyphosate par le CIRC?

Catégorie : La santé

De nombreux organismes, dont l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire du Canada (ARLA), l’Environmental Protection Agency des États-Unis (USEPA) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments ont conclu que le glyphosate ne présente pas de risque de cancer lorsqu’il est utilisé conformément à la réglementation et au mode d’emploi de l’étiquette du produit.

La réaction internationale des principales autorités réglementaires en matière de santé à la classification du glyphosate le 15 mars 2015 par le CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer) a été rapide et cohérente. Le 23 mars 2015, l’Institut fédéral allemand d’évaluation des risques (BfR), qui a évalué les risques pour la santé du glyphosate au nom de la Communauté européenne, a affirmé que l’évaluation des risques pour la santé humaine avait conclu que le glyphosate n’est pas cancérogène. Le BfR a indiqué que, à la lumière de son évaluation de plus de 30 études épidémiologiques, il est parvenu à la conclusion générale qu’il n’existe pas de rapport validé ou significatif entre l’exposition au glyphosate et un risque accru de lymphome non hodgkinien ou d’autres types de cancer. Le 11 avril 2015, l’USEPA a rappelé avoir conclu en 1991 que le glyphosate devait être classé dans le groupe E (preuves de la non-cancérogénicité pour les humains) en raison du manque de données probantes convaincantes de sa cancérogénicité et vu les critères de classification des cancérogènes de l’USEPA. L’agence américaine a aussi souligné que dans le cadre de son évaluation de 2014, elle avait examiné plus de 55 études épidémiologiques effectuées sur les effets potentiels cancérogènes et autres que cancérogènes du glyphosate. L’USEPA a conclu qu’aucun des travaux de recherche examinés ne présentait de preuves à l’appui de la cancérogénicité du glyphosate et ne justifiait de changer la classification du glyphosate pour l’enlever des agents non cancérogènes. Le 13 avril 2015, l’ARLA a déclaré que, étant donné la solidité et les limites du grand nombre de renseignements connus sur le glyphosate, y compris de multiples études à court et long terme de toxicité (durée de vie) sur les animaux, de nombreux essais biologiques de génotoxicité in vivo et in vitro ainsi qu’une multitude de données épidémiologiques, le poids de la preuve dans son ensemble indique qu’il est peu probable que le glyphosate présente un risque de cancer pour les humains. L’ARLA avait conclu, d’après l’évaluation des renseignements scientifiques à sa disposition, que les produits contenant du glyphosate ne présentent pas de risque inacceptable pour la santé humaine ou l’environnement lorsqu’ils sont utilisés conformément au mode d’emploi recommandé sur l’étiquette. Notons aussi que la USEPA avait déjà fait connaître sa position sur la non-cancérogénicité du glyphosate en 1993, puis l’avait réitéré en 2013, tout comme l’avait fait la réunion conjointe FAO/OSM sur les résidus de pesticides (JMPR) en 2004.

Derniers développements

Le 16 mai 2016, une réunion conjointe spéciale de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et de l’Organisation mondiale de la Santé des Nations Unies a eu lieu pour réévaluer le glyphosate et d’autres composés à la lumière de nouvelles études publiées depuis la dernière évaluation exhaustive. La conclusion de cette réunion est qu’il est peu probable que l’exposition au glyphosate par l’alimentation pose un risque carcinogène ou génotoxique pour les humains. 

Le médecin-hygiéniste en chef par intérim du Nouveau-Brunswick, le médecin-hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse et Santé publique Ontario ont également confirmé que le glyphosate est un produit sûr.

La distinction entre danger et risque est importante pour comprendre la différence dans ce qui semble être des conclusions contradictoires du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le CIRC prend en compte la possibilité qu’une substance cause des préjudices dans certaines circonstances, tandis que les organismes de réglementation comme l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), l’Environmental Protection Agency (EPA) aux États-Unis et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) prennent en compte la probabilité (risque) que des effets néfastes soient observés à des niveaux d’exposition réalistes. Les organismes de réglementation partout dans le monde, y compris l’ARLA, l’EPA, l’OMS et l’EFSA, concluent systématiquement depuis des années que les utilisations approuvées du glyphosate conformément au mode d’emploi ne présentent pas de risque de cancer, ni d’autres risques, pour la santé humaine

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.

OMS. Réunion conjointe FAO/OSM sur les résidus de pesticides. Rapport sommaire, 16 mai 2016