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Pourquoi ne pas laisser la forêt se régénérer naturellement et éviter les herbicides complètement?

Catégorie : Gestion de la végétation

Au Canada, environ 45 % des zones de récolte sont laissées à elles-mêmes afin de se régénérer naturellement, sans application d’herbicides. Bon nombre de ces sites sont destinés aux essences feuillues (p. ex., tremble, bouleau, érable), qui se régénèrent facilement par des moyens naturels. Toutefois, la plupart des essences de conifères nécessitent des conditions très précises pour se régénérer naturellement. Pour maintenir une forêt saine et productive, il faut habituellement aider à l’établissement et à la croissance des conifères par l’ensemencement direct, des traitements herbicides et des soins sylvicoles continus.


Séquence de photos montrant un jeune semis d’épinette blanche 1 jour après (à g.) et 3 saisons de croissance (à dr.) après la plantation (remarquez la personne debout au milieu des cerisiers de Pennsylvanie et autres broussailles qui ont envahi le semis, diminuant la lumière du soleil, l’humidité du sol, les nutriments et l’espace). Cette séquence de photos est typique de la nature concurrentielle de nombreux sites forestiers productifs. (Photos : Doug Pitt).


Un bon aménagement forestier vise le maintien d’une mosaïque de types de peuplement différents (feuillus, conifériens et mixtes) et de différentes catégories d’âge afin d’imiter le plus possible la distribution spatiale naturelle qu’on s’attendrait à trouver dans le paysage. Au Canada, un peu moins de la moitié de la superficie récoltée chaque année est laissée à elle-même afin de se régénérer naturellement (http://nfdp.ccfm.org/). Les gens pensent que les peuplements feuillus et mixtes occupent ces terrains sans soins sylvicoles, ou si peu. Les feuillus, surtout dans la forêt boréale, se régénèrent par taillis (rejets et drageons) et par semence, et peuvent donc rapidement coloniser les zones perturbées par eux-mêmes. En revanche, la régénération naturelle de la plupart des essences conifériennes se fait uniquement par semence. Si certaines conditions ne sont pas présentes dans le peuplement et dans le sol au moment de la récolte (p. ex., les conditions souvent présentes à la suite d’un incendie naturel), sans notre aide – par plantation ou ensemencement direct –, l’établissement des conifères peut être difficile et les résultats sont variables. Si l’on s’appuie trop sur la régénération naturelle et que les soins sylvicoles sont insuffisants, une telle combinaison peut précipiter des pertes considérables dans l’abondance et la domination des conifères dans un paysage, entraînant des répercussions aussi bien économiques qu’écologiques (Armson et coll. 2001, Hearnden et coll. 1992, MRNO 1986; 1988). La perte de peuplements dominés par le pin et l’épinette dans le paysage est un défi majeur reconnu du secteur forestier.

Armson, K.A., W.R. Grinnell, F.C. Robinson. History of reforestation in Ontario. Pages 3-22 dans : R.G Wagner et S.J. Colombo éd. Regenerating the Canadian Forest: Principles and Practice for Ontario. Markham (Ont.), 2001.

Hearnden, K.W., S.C. Millson, W.C. Wilson. A report on the status of forest regeneration. Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. Independent Forest Audit Committee, Sault Ste. Marie (Ont.), 1992, 117 p.

Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. Survey of artificial regeneration in northern Ontario: Summary report for Northwestern, North Central and Northern Regions, based on field sampling, 1984-1986, 1986. Dossiers du ministère des Ressources naturelles (cité par Armson et coll. 2001).

Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. Survey of artificial regeneration in northern Ontario: Summary report for Northestern and Algonquin regions, based on field sampling, 1987-1988, 1988. Dossiers du ministère des Ressources naturelles (cité par Armson et coll. 2001).

Ministère des Ressources naturelles de l’Ontario. Rapport annuel sur l’aménagement forestier 2005-2006. Imprimeur de la Reine pour l’Ontario, 2008.