À propos de nous Ressources Contactez-nous English

Le glyphosate a-t-il des effets néfastes sur la faune?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Les études montrent que les herbicides, dont le glyphosate, qui sont utilisés conformément au mode d’emploi ne posent pas de risque toxicologique important pour les mammifères ou les oiseaux.




L’application d’herbicides à base de glyphosate pour gérer la végétation forestière n’est pas considérée comme une intervention qui pose un risque important de toxicité directe pour les petits mammifères ou les oiseaux. Des effets indirects découlant de l’altération de l’habitat végétal ou de la disponibilité de la nourriture se produisent, effectivement, mais il s’agit d’effets passagers et ces effets dépendent des préférences de chaque espèce. De façon générale, les espèces qui préfèrent des habitats plus ouverts sont temporairement favorisées par rapport à celles qui préfèrent une couverture broussailleuse à feuilles caduques. Dans l’ensemble, les études révèlent que la richesse spécifique et la diversité des oiseaux chanteurs ou des petits mammifères après l’altération d’un habitat due au glyphosate demeurent dans la fourchette des variations naturelles. Il est important de remarquer que seule une petite partie de la totalité des forêts aménagées est traitée dans une année donnée et que les plans d’aménagement forestier visent expressément à favoriser avec le temps une mosaïque dynamique de peuplements dans le paysage. Ces deux facteurs atténuent la possibilité d’effets répandus au niveau de la population dans ces groupes fauniques.

De nombreux examens scientifiques et réglementaires examinent les effets directs potentiels du glyphosate sur une grande variété d’espèces fauniques, y compris les oiseaux et les petits mammifères. Ces examens concluent systématiquement que l’utilisation des produits à base de glyphosate conformément au mode d’emploi ne présente pas de risque important de toxicité directe aiguë ou chronique pour les espèces fauniques terrestres (ARLA 2015; USEPA 1993; Durkin 2003; Giesy et coll. 2000; Tatum 2004; Couture et coll. 1995; Thompson 2011). L’évaluation des risques détaillée effectuée par Durkin en 2003 a calculé le risque pour les petits mammifères et les oiseaux en comparant l’exposition estimée avec les niveaux sans effet observé chez des animaux de laboratoire. En résumé, l’auteur conclut que, comme l’évaluation de 1993 de la USEPA, aucun des quotients de danger dans les scénarios d’exposition aiguë ou chronique n’atteint un degré préoccupant, même pour les taux d’exposition les plus élevés.

Donc, alors que la possibilité d’effets toxiques directs sur ces groupes fauniques n’est pas une préoccupation, les effets indirects potentiels découlant des changements dans l’habitat doivent aussi être pris en considération. De nombreuses études se sont penchées sur cet aspect et, comme le font remarquer Guynn et coll. (2004), la réaction de la faune à l’altération de l’habitat due aux herbicides peut être très variable, certaines études ne concluant à aucun effet, d’autres à des effets négatifs à court terme, et d’autres encore à des effets positifs pour certaines espèces ou communautés. Les réactions spécifiques des espèces reflètent leurs préférences individuelles en matière d’habitat. De façon générale, les espèces qui préfèrent des habitats plus ouverts sont temporairement favorisées par rapport à celles qui préfèrent une couverture broussailleuse à feuilles caduques. Selon un examen fait par Sullivan et Sullivan (2003) de 60 études publiées différentes, la conclusion est qu’il n’y a que très peu ou pas du tout de réduction observée dans la richesse spécifique et la diversité des oiseaux chanteurs ou des petits mammifères découlant de l’altération de l’habitat provoquée par le glyphosate. Lautenschlager (1993), résumant 14 études menées dans des forêts de conifères du Nord, avait conclu qu’il était rare que les populations totales d’oiseaux chanteurs diminuent durant la saison de croissance après un traitement, et il a aussi fait une observation intéressante, à savoir que seules les études dans lesquelles on a utilisé des pièges à tuer ou à attraper montrent une réduction de la densité des petits mammifères. Gagné et coll. (1999) n’ont signalé aucun effet important sur la richesse spécifique des petits mammifères suivant un traitement herbicide dans des forêts de sapins baumiers du Québec, mais ils ont observé une réduction dans l’abondance de campagnols à dos roux durant les deux années qui ont suivi le traitement herbicide à base de glyphosate. Cet effet négatif était associé à une couverture réduite, et les auteurs ont conclu qu’à court terme, les plantations traitées aux herbicides deviennent des habitats moins propices au campagnol à dos roux que les plantations dégagées à la débroussailleuse, constatant que la différence était probablement attribuable au rétablissement rapide de la végétation par repousse dans les zones dégagées à la débroussailleuse, et peut-être aussi au fait que les résidus de coupe fournissent une couverture. Woodcock et coll. (1997) ont évalué les effets sur les densités d’oiseaux chanteurs, celles-ci étant déterminées par la cartographie du territoire, la capture à l’aide de filets japonais et le baguage, et ils ont observé l’activité de reproduction de 20 à 38 espèces dans diverses parcelles traitées. Les évaluations de la première année après le traitement ont révélé que les densités moyennes des 11 espèces les plus courantes avaient augmenté de 0,35/ha dans les parcelles témoins. En revanche, les densités sur les parcelles traitées avaient baissé de 1,1/ha (débroussailleuse), de 1,6/ha (Silvana Selective), de 0,14/ha (Release) et de 0,72/ha (Vision). Il vaut la peine de souligner ici qu’essentiellement, toute technique de gestion de la végétation qui est efficace aura comme effet de modifier l’habitat jusqu’à un certain degré. Dans au moins une étude, les traitements herbicides avaient eu relativement moins de répercussions sur les densités d’oiseaux chanteurs que les traitements mécaniques. La réaction aux changements dans l’habitat varie selon l’espèce; certaines espèces sont favorisées, alors que d’autres migrent, au moins pendant une certaine période, selon leurs préférences individuelles et la dynamique temporelle des changements dans la végétation après le traitement. Un exemple de réaction qui diverge selon l’espèce est fourni dans l’étude de MacKinnon et Freedman (1993), qui ont également démontré la dynamique naturelle de la réaction de l’avifaune à la dynamique de la végétation dans des conditions de succession naturelle sur les zones de coupe à blanc des forêts.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.