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Est-il dangereux pour les animaux de manger des baies dans des zones traitées au glyphosate?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Plusieurs examens scientifiques et analyses de risque publiées concluent que le risque d’effets toxiques directs pour les espèces fauniques terrestres, y compris les petits mammifères, les grands mammifères et les oiseaux qui pourraient être exposés aussi bien directement qu’indirectement par l’ingestion de nourriture ou d’eau contaminée, est minimal. Cette conclusion est étayée par un simple exemple de pire scénario comparant les résidus maximums observés dans les baies provenant de forêts traitées avec les seuils à partir desquels il n’y a aucun effet observé chez les mammifères de laboratoire.




Comme l’indique l’examen de Durkin (2003), les animaux terrestres peuvent être exposés aux herbicides par pulvérisation directe, l’ingestion de nourriture ou d’eau contaminée, les activités de toilettage ou par contact avec la végétation contaminée. Dans cette dernière évaluation des risques, toutes les expositions possibles ont été considérées et comparées aux niveaux sans effet observé chez les animaux de laboratoire. Partant d’un taux d’application équivalant à 2,1 kg EA/ha, ce qui très semblable au taux d’utilisation moyen des herbicides à base de glyphosate en foresterie au Canada, les quotients de risque calculés pour les petits mammifères, les grands mammifères et les oiseaux se situaient tous en deçà des niveaux qui sont considérés comme préoccupants (Durkin et coll. 2003). Une analyse parallèle des quotients de risque par Giesy et coll. (2000) et par l’ARLA (2015) est parvenue à la même conclusion générale. Dans de telles analyses, il est fréquent de prendre les petits mammifères parce qu’il y a une pertinente directe avec les études de toxicité qui sont souvent effectuées sur des souris, des rats ou des lapins. Pour la toxicité aiguë, le seuil d’exposition sans effet observé pour les petits mammifères exposés au glyphosate est 175 ppm, valeur établie après avoir exposé des lapins pendant une période de 21 jours. Le niveau seuil dans ce cas est approprié pour évaluer également les risques pour les grands mammifères (Durkin 2003).

La concentration de résidus observée dans les baies dépend largement du taux d’application de l’herbicide, de la méthode d’application (p. ex., application au sol ou application aérienne) et de l’intervalle entre le traitement et le prélèvement des échantillons. Suivant des applications au sol à un taux de 1,5 kg EA/ha, Legris et Couture (1989) ont observé dans les framboises des résidus maximums de 36,5 ppm 7 jours après le traitement, et d’aussi peu que 0,139 ppm 27 jours après le traitement. Dans les bleuets, les résidus étaient initialement de 7,90 ppm 1 jour après la pulvérisation et ont baissé à 2,09 mg/g après 22 jours. De même, Roy et coll. (1989) ont indiqué avoir observé dans les framboises et les bleuets des résidus maximums de 19,49 et de 7,94 ppm respectivement le jour des traitements herbicides au glyphosate effectués par des travailleurs portant un pulvérisateur sur le dos à un taux d’application de 2 kg EA/ha, suivi d’une lente baisse des concentrations de résidus pour atteindre des valeurs d’environ 1,22 ppm au 33e jour après la pulvérisation. Partant de plusieurs hypothèses de pire scénario, par exemple que la faune ingère uniquement des baies hautement contaminées comme source alimentaire, que les concentrations de résidus dans les baies demeurent constantes pour la durée de leur disponibilité après la saison de traitement et que les animaux se nourrissent uniquement sur les terrains traités, on peut alors calculer le risque toxicologique de cette source. Par exemple, si on prend la concentration maximale de résidus de 36,5 ppm observée dans les baies (Legris et Couture 1989), des taux d’alimentation par poids corporel de 15 % (Durkin 2003) et de 34 % (Welch 1977) respectivement pour les petits mammifères et les grands mammifères et une masse corporelle typique de 0,02 kg pour un rongeur et de 100 kg pour un ours, les taux d’ingestion calculés seraient de 5,48 et de 12,4 mg/kg de poids corporel par jour respectivement, les deux valeurs étant grandement inférieures au seuil sans effet toxique observé de 175 ppm par jour.