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Est-ce qu’il existe d’autres solutions qui présentent moins de risques que les herbicides?

Catégorie : Gestion de la végétation

Pas nécessairement. Il y a des risques associés à chaque activité ou opération forestière : la coupe mécanique expose les travailleurs à des carcinogènes connus contenus dans les gaz d’échappement; la machinerie lourde dégage des émissions de carbone importantes et compacte le sol; le brûlage peut être imprévisible et difficile à contenir.

Il est important de souligner que toutes les activités de gestion de la végétation comportent un certain degré de risque inhérent, que ce soit pour l’environnement ou la santé humaine. Il est certain que les risques réels des solutions sans herbicides sont moins bien étudiés et définis que ceux pour les solutions qui en utilisent, ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose. Les risques d’effets potentiellement délétères des solutions de rechange varient selon la technique. Ainsi, la préparation mécanique du terrain avec de la machinerie lourde peut causer des effets préjudiciables pour la faune, la compaction du sol, une augmentation de l’érosion et la combustion excessive de combustibles fossiles (Newton 2006). L’éclaircie manuelle à l’aide de débroussailleuses implique un risque évident pour les travailleurs en raison de leur exposition directe et répétée à des carcinogènes connus comme le benzène contenu dans les gaz d’échappement, ainsi que des risques démontrables de blessures comme des fractures de stress et des foulures (Dubeau et coll. 2003). Le brûlage dirigé comporte également des risques pour la sécurité des travailleurs, sans compter la possibilité que le feu se propage.

Les risques qui découlent de l’utilisation d’herbicides ont trait à la possibilité d’effets directs ou indirects sur les espèces fauniques ou les humains qui pourraient être exposés par inadvertance aux résidus d’herbicides. Cependant, la grande quantité de recherche scientifique menée atténue grandement ces risques, car elle a permis d’améliorer notre compréhension des seuils des effets biologiques et de les définir, donnant ainsi lieu à l’adoption de restrictions et de pratiques opérationnelles qui réduisent la probabilité que l’exposition, le cas échéant, dépasse ces seuils (p. ex., zones tampons, panneaux, application de taux minimaux efficaces, techniques d’application avancées qui optimisent le ciblage et réduisent la dérive) (Pratiques examplaires).

Il existe des différences importantes entre le risque scientifiquement quantifiable ou la probabilité que quelque chose se produise et la volonté d’un individu ou d’un segment donné de la société de tolérer ce risque et cette probabilité. La tolérance au risque varie énormément d’un segment de la société à un autre, et elle est souvent le reflet direct de la familiarité et de la connaissance (Wagner et coll. 1998).

Dubeau, D., L.G., DeBel, D. Imbeau. Integrated study of brushsaw operators in Quebec. Research note, 2003. Déposé au XIIe Congrès forestier mondial du Ministère des Ressources, de la Faune et des Parcs du Québec, Québec (Qué.). Consulté le 31 janvier 2005 à http://www.mrn.gouv.qc.ca/english/publications/forest/publications /Dubeau-A.pdf.

Newton, M. Taking charge in forest vegetation management. Canadian Journal of Forest Research, vol. 36 (2006), p. 2357–2363.

Wagner, R.G., J., Flynn, R. Gregory, C.K. Mertz, P. Slovic. Acceptable practices in Ontario’s forests: Differences between the public and forestry professionals. New Forests, vol. 16 (1998), p. 139-154.