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Est-ce que les herbicides à base de glyphosate ont une incidence sur les abeilles domestiques et autres insectes bénéfiques?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Des études montrent que le glyphosate est relativement peu toxique pour les abeilles domestiques. Les études faites dans des conditions d’exposition réalistes en forêt ne sont pas nombreuses; toutefois, des études effectuées dans le secteur agricole ne montrent aucun effet important sur les abeilles. On a déjà observé de petites quantités de glyphosate dans le miel provenant de ruches situées à l’intérieur ou à proximité de zones traitées, mais en concentrations trop faibles pour être préoccupantes pour la santé. Les études sur d’autres insectes bénéfiques ou sur les araignées concluent généralement que les effets sont minimes ou nuls.

Il existe des données de laboratoire de qualité qui démontrent que le glyphosate est essentiellement non toxique pour les abeilles et autres insectes bénéfiques. Parmi les quelques études de haut niveau portant sur les effets potentiels des herbicides à base de glyphosate sur les abeilles domestiques, l’une ne montre aucun effet important sur la survie et le développement des couvains ou le poids moyen des nymphes dans les scénarios les plus défavorables, alors que deux études montrent des effets délétères sur le comportement d’apprentissage et les niveaux de caroténoïdes antioxydants chez les abeilles domestiques. Dans une étude effectuée dans le cadre d’un scénario agroforestier, des résidus de glyphosate ont été observés dans le pollen et le miel prélevés dans des ruches placées à différentes distances de zones traitées. Les niveaux maximums ont été trouvés dans le pollen d’une ruche située à l’intérieur de la zone traitée. Les risques toxicologiques associés au glyphosate rapportés dans cette étude étaient négligeables. Comme il est peu probable que des ruchers commerciaux ou des activités apicoles individuelles soient installés en milieu forestier, les effets potentiels de l’utilisation d’herbicides à base de glyphosate en foresterie sur les abeilles domestiques ne sont constituent pas une préoccupation en soi. Les effets potentiels sur les abeilles sauvages sont plus intéressants sur le plan écologique, car ces abeilles pourraient utiliser les terrains forestiers déboisés comme lieux d’alimentation. Malheureusement, les différences dans les zones traitées et dans la probabilité, la fréquence et l’ampleur d’une exposition potentielle ainsi que les différences possibles dans les habitudes d’alimentation des espèces d’abeilles sauvages ou d’autres pollinisateurs comparativement aux abeilles domestiques limitent grandement l’utilité des estimations de risque sur ces organismes dans des scénarios agricoles. On considère que ce domaine pourrait nécessiter des recherches écotoxicologiques plus approfondies, bien qu’on puisse s’attendre à ce que les résultats ressemblent à ceux de plusieurs études sur le terrain qui ont déjà démontré que, généralement, le seul effet important sur les autres insectes bénéfiques de l’exploitation forestière est la baisse temporaire de l’abondance reliée aux changements dans l’habitat végétal des zones traitées.

Des tests de toxicité de premier niveau effectués en laboratoire démontrent que le glyphosate ne présente pas une toxicité aiguë pour les abeilles et autres insectes bénéfiques (Giesy et coll. 2000; Hassan et coll. 1988; ARLA 2015). Cités dans Durkin (2003), Palmer et ses collègues ont exploré la toxicité du glyphosate pour les abeilles (Palmer et Beavers 1997c; Palmer et Krueger, 2001a; Palmer et Krueger, 2001 b). À la lumière de ces données, la USEPA (1993) a classé le glyphosate comme une substance quasiment non toxique pour les abeilles. Boily et coll. (2013) ont mené des études sur les effets de divers pesticides sur les abeilles, y compris le glyphosate, et découvert qu’une exposition chronique à de faibles concentrations de glyphosate n’avait pas d’effet important sur la mortalité, le poids ou le contenu en protéines des abeilles, mais menait par contre à une dépression importante de l’activité de l’acétylcholinestérase. Ferguson (1988) a montré que des colonies qui avaient reçu directement une solution de sucrose formée à 5 % d’une formulation à base de glyphosate ne présentaient aucun effet. Burgett et Fisher (1990) ont fait une étude sur le terrain dans laquelle des ruchers d’abeilles domestiques et la végétation en fleur environnante avaient été pulvérisés directement avec une formulation à base de glyphosate à un taux de 6,8 kg EA/ha; ils ont signalé n’avoir observé aucun effet aigu ou chronique sur les abeilles domestiques adultes ou sur la production des couvains. Laberge et coll. (2007) ont fait rapport sur une étude effectuée dans un environnement agroforestier dans lequel des ruchers avaient été placés à l’intérieur ou à diverses distances de zones traitées. Des résidus détectables de glyphosate ont été observés dans environ 50 % des échantillons de pollen et dans 3 de 9 échantillons de miel, avec des résidus maximums de 8,2 mg/kg dans le pollen prélevé trois jours après le traitement dans un rucher situé directement dans la zone traitée. À la lumière de l’évaluation des risques toxicologiques, les auteurs ont conclu que les risques liés au glyphosate étaient négligeables. De même, Thompson et coll. (2014) ont examiné récemment l’effet d’une exposition à des herbicides à base de glyphosate à des niveaux qu’on pourrait voir dans les scénarios le plus défavorables grâce aux résidus observés dans le pollen et le nectar prélevés après des applications à 2,88 kg EA/ha. Dans l’étude sur l’exposition, les résidus maximums observés dans le pollen prélevé dans des pièges situés dans une serre fermée, où les abeilles pouvaient s’alimenter sur les plantes traitées à des concentrations allant de 87,2 à 629 mg EA/kg, étaient beaucoup plus élevés que les résidus maximums observés dans le nectar (2,78‑31,3 mg EA/kg), les deux types de résidus diminuant rapidement après la pulvérisation. Partant de ces données, les auteurs ont fait une étude subséquente sur les effets en exposant des colonies directement à trois niveaux différents de glyphosate dans une solution de sucrose, le taux maximum à l’essai étant de 301 mg EA/L. Les auteurs n’ont signalé aucun effet important sur la survie et le développement des couvains ou le poids moyen des nymphes découlant de telles expositions. Herbert et coll. (2014) ont mené des études à des niveaux considérés comme pertinents pour les utilisations en agriculture et observé une baisse de l’apprentissage et de la réaction au nectar comme récompense, mais aucun effet sur le comportement relié à l’alimentation. Les auteurs ont fait l’hypothèse que des traces de glyphosate pouvaient être transférées aux couvains des abeilles domestiques, avec des répercussions à long terme. Helmer et coll. (2014) ont documenté des niveaux de caroténoïdes antioxydants réduits chez des abeilles domestiques exposées pendant 10 jours à des niveaux de glyphosate réalistes incorporés à une solution sucrée, mais il n’y a eu aucun effet sur la peroxydation lipidique. Dans l’ensemble, les résultats obtenus dans plusieurs études en laboratoire et études simulées sur le terrain n’indiquent généralement aucun risque important d’effet aigu ou chronique causé par le glyphosate sur les abeilles domestiques adultes ou la production des couvains. Les deux études menées dans des conditions agricoles qui semblent indiquer des effets potentiels sur l’apprentissage ou les niveaux d’antioxydant font ressortir des aspects qui devraient être compris dans d’éventuelles études de niveau supérieur faites sur le terrain pour examiner les effets des herbicides à base de glyphosate sur les espèces d’abeilles sauvages et autres pollinisateurs dans des conditions habituelles d’exploitation forestière.

Preston et Trofymow (1989) ont examiné les effets potentiels des populations d’arthropodes dans une forêt d’aulnes rouges en Colombie-Britannique et constaté que le seul effet était une réduction temporaire des mites dans une des zones traitées 20 jours après le traitement, et aucune différence après 180 jours. Whitehouse et Brown (1993) n’ont observé aucun changement dans la population d’insectes prédateurs à la suite d’un traitement appliqué sur une zone de coupe à blanc au Maine à un taux de 1,7 kg EA/ha. Brust (1990) n’a signalé aucun effet aigu ou chronique sur la longévité des coléoptères carabidés ni sur l’ingestion de nourriture et n’a trouvé aucun effet toxique ou répulsif dans des études sur le terrain. Cependant, en raison des changements dans les communautés végétales, les carabes de grande taille ont tendance à quitter les champs agricoles traités au glyphosate durant une période de ~ 28 jours. En comparaison, Duchesne et coll. (1999) n’ont signalé aucun changement dans l’abondance et indiqué que la richesse spécifique et la diversité des carabes avaient augmenté suivant le traitement au glyphosate et autres traitements de gestion de la végétation dans une étude sur l’écosystème d’une forêt boréale mixte. Haughton et coll. (2001) ont examiné l’effet du glyphosate sur des araignées non ciblées dans des essais en laboratoire et dans des conditions réelles et n’ont constaté aucun effet direct important et seulement des effets indirects à court terme liés au changement dans l’habitat végétatif. Young et coll. (2001) ont également fait rapport sur les effets toxiques potentiels du glyphosate sur les araignées, ne relevant aucun effet aigu important à des taux d’exposition allant jusqu’à l’équivalent de 2,16 kg/ha; les résultats allaient dans le même sens que des données limitées qui suggèrent une absence généralisée d’effets sur les arthropodes non ciblés. Santillo (1989) a fait part d’une réduction de 89 % des insectes herbivores capturés sur les zones de coupe à blanc traitées aux herbicides comparativement aux terrains témoins un an après le traitement. Des preuves de rétablissement (différence de seulement 25 %) ont été observées durant la troisième année pour les insectes herbivores, une différence de 29 % entre les zones traitées et les zones non traitées sur trois ans pour les invertébrés capturés dans des pièges à fosse, et aucune tendance dans le nombre d’insectes prédateurs. Gagné et coll. (1999) ont observé des réductions dans le nombre d’arthropodes dans des terrains où le dégagement des conifères avait été fait au moyen d’un traitement herbicide au glyphosate ou de coupes à la débroussailleuse, ainsi que sur des terrains déboisés où une forêt boréale se régénérait naturellement, et ils ont attribué les différences observées aux fluctuations naturelles. Dans cette étude, l’abondance relative des arthropodes foliaires ne présentait aucune différence entre les terrains traités et les terrains non traités deux ans après la pulvérisation. Dans l’ensemble, les résultats laissent penser que les effets sont nuls ou minimaux sur les insectes bénéfiques, à part des réductions passagères dans les espèces herbivores qui se produisent à la suite des changements dans l’habitat préféré.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.