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Est-ce que les herbicides à base de glyphosate sont nuisibles pour les organismes du sol comme les vers de terre?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Plusieurs examens scientifiques et analyses de risques publiés concluent que l’utilisation des herbicides à base de glyphosate pose un risque minimal pour les microorganismes du sol, les lombrics et les invertébrés. Des études menées dans les forêts canadiennes montrent également des effets limités ou nuls sur les organismes du sol dans des essais à des niveaux d’exposition et dans des conditions ambiantes réalistes.

Lors d’une application typique d’herbicides à base de glyphosate dans un but de gestion de la végétation forestière, les organismes du sol subissent une exposition minimale au glyphosate ou à ses résidus du simple fait que la majeure partie du nuage de pulvérisation est interceptée par la végétation concurrente ciblée. La majorité des études effectuées à des niveaux d’exposition et dans des conditions ambiantes réalistes ne relèvent aucun effet important sur les microorganismes du sol ou sur leurs fonctions écologiques comme les transformations de l’azote. De même, des études sur le terrain qui se rapportent aux écosystèmes forestiers canadiens ne montrent généralement pas d’effets importants des herbicides à base de glyphosate sur les microorganismes ou les macroorganismes du sol comme les lombrics, les coléoptères carabidés ou les escargots et limaces.

Sullivan et Sullivan (2003) ont résumé 15 études différentes portant sur les effets potentiels des herbicides à base de glyphosate sur les invertébrés terrestres et constaté que les réactions sont variables et dictées principalement par les changements dans la structure végétale. Ratcliff et coll. (2006) ont examiné les effets d’une formulation d’herbicide à base de glyphosate appliquée au taux recommandé sur des sols forestiers de loam argileux et de loam sableux. Les auteurs ne rapportent aucun changement majeur dans la structure de la communauté microbienne, peu importe la méthode d’évaluation utilisée. Un traitement appliqué à des taux beaucoup plus élevés (100 x) pour simuler un déversement de produit non dilué a donné lieu à une stimulation de courte durée des bactéries et à un changement minimal au niveau des champignons. Preston et Trofymow (1987) ne signalent aucun effet important du glyphosate sur la faune ou sur la microflore du sol ni sur plusieurs paramètres des transformations de l’azote induites par les microbes du sol dans des études en laboratoire et sur le terrain faites en Colombie-Britannique. Fletcher et Freedman (1986) ont effectué des études en laboratoire avec deux couvertures de feuilles mortes et un sol forestier et constaté que le seuil des effets du glyphosate sur la décomposition des couvertures de feuilles mortes était 50 fois plus élevé que les concentrations de résidus présentes sur le terrain après des traitements sylvicoles aux herbicides. Duchesne et coll. (1999) ont indiqué que les traitements herbicides, y compris le glyphosate (Vision), n’avaient pas modifié la quantité totale de coléoptères carabidés attrapés dans des pièges à fosse un an après le traitement et que la richesse spécifique et la diversité des carabidés étaient équivalentes ou légèrement supérieures à celles observées dans des parcelles témoins non traitées ou dans des sites ayant fait l’objet de traitements mécaniques. Dans le cadre de cette étude plus vaste, Houston et coll. (1998) ont constaté que les traitements de dégagement des conifères au moyen de l’herbicide à base de glyphosate Vision n’avaient pas d’effets importants sur la respiration basale, le carbone de la biomasse microbienne, les quotients métaboliques ou le cycle de l’azote tant dans un sol organique que dans un sol minéral. Ils ont constaté que la richesse en espèces fongiques et la structure de la communauté des parcelles témoins (77 espèces) et des parcelles traitées au Vision (81 espèces) étaient similaires. Cependant, seulement 40 espèces fongiques étaient communes aux deux types de parcelles, et l’exploitation forestière avait augmenté la richesse spécifique et la diversité de la communauté de champignons aussi bien dans les sols organiques près de la surface que dans les sols minéraux plus profonds. Dans cette étude, Hawkins et coll. (1997) ont examiné les effets sur les gastéropodes terrestres et rapporté que, durant la première saison de croissance après le dégagement, ni les densités actives en surface ni la richesse spécifique des gastéropodes n’avaient été modifiées par les différentes techniques de gestion de la végétation testées, y compris l’application aérienne d’un herbicide à base de glyphosate. Dans des études de suivi, Prezio et coll. (1999) ont observé que les densités de gastéropodes actifs en surface étaient de 50 à 60 % inférieures aux densités des parcelles témoins dans tous les terrains ayant reçu des traitements de gestion de la végétation, que ce soit par traitement herbicide, débroussaillement manuel ou coupe mécanique, de deux à trois ans après le traitement; on a également noté une tendance vers un rétablissement apparent du site durant la troisième année. Les effets ont été attribués à une diminution des dépôts de feuilles mortes et à une altération du microclimat au sol dans les zones traitées.

Busse (2001) a constaté que la respiration microbienne demeurait inchangée aux concentrations attendues sur le terrain et que l’application répétée à long terme de glyphosate avait un effet minimal sur l’activité microbienne saisonnière. D’autres études montrent également que les traitements herbicides au glyphosate ne réduisent pas les populations microbiennes du sol ou n’entravent pas de fonctions microbiennes clés de façon importante (p. ex., Haney et coll. 2000; Hart et Brookes 1996; Wardle et Parkinson 1990). Estok et coll. (1989) ont examiné les effets du glyphosate sur des champignons ectomycorhiziens et constaté que deux des trois espèces présentaient une réduction importante de la croissance uniquement à des concentrations supérieures à 100 ppm, tandis que la troisième présentait des effets importants à une concentration de 1 ppm. Les auteurs font remarquer que les essais réalisés sur des champignons cultivés dans un milieu gélosé prédisposent les champignons à une toxicité aux herbicides. Dalby et coll. (1995) n’ont rapporté aucun effet du glyphosate sur la survie et l’état des quatre espèces de lombrics exposées aux taux « recommandés », bien que ces taux ne soient pas précisés. De même, Edwards et Bholen (1992) ont constaté que des expositions au glyphosate dans le sol allant 1 à 100 ppm n’avaient pas d’effets toxiques sur les lombrics. Les évaluations de risques (ARLA 2015; Durkin 2003; Giesy et coll. 2000) concluent que les utilisations typiques du glyphosate ne posent pas de risque aigu ou chronique pour les lombrics et autres organismes du sol.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.