English
Cliquez pour faire une recherche

Est-ce que le glyphosate filtre à travers le sol pour atteindre les eaux souterraines?

Catégorie : L'Environnement et la faune

Lors des applications aériennes typiques de glyphosate visant à régénérer des milieux forestiers, la majeure partie du nuage de pulvérisation qui se dépose est interceptée par le couvert forestier concurrent ciblé ou adsorbé dans la couverture de feuilles mortes sous-jacente, ce qui minimise la quantité de substance chimique qui peut réalistement atteindre la couche de terre. Plusieurs études portant sur les sols forestiers montrent que le glyphosate est fortement lié et retenu dans les 15 cm supérieurs du sol; de ce fait, il est peu probable qu’il atteigne les eaux de surface ou qu’il s’infiltre dans le sol pour atteindre les eaux souterraines. Des études de surveillance axées principalement sur des régions agricoles aux États-Unis et au Canada montrent que des traces de glyphosate peuvent être présentes dans une petite partie des échantillons d’eau souterraine et d’eau de surface, mais que ces concentrations sont grandement inférieures aux niveaux considérés comme préoccupants du point de vue toxicologique pour les humains et les animaux aquatiques.

Bien que le glyphosate soit assez hydrosoluble, la molécule transporte aussi une charge positive et négative qui explique sa très forte affinité de liaison à la matière organique et aux particules d’argile du sol. En raison de ses propriétés fortement liantes, le glyphosate présente une très faible possibilité de lessivage dans le sol et les eaux souterraines. Contrairement aux utilisations en agriculture, les herbicides à base de glyphosate employés en gestion de la végétation forestière sont appliqués sur des terrains qui possèdent une couverture végétale concurrente et une couche de feuilles mortes abondante. Donc, la majeure partie du nuage de pulvérisation qui se dépose est interceptée par le couvert forestier concurrent ciblé ou adsorbé dans la couverture de feuilles mortes, ce qui minimise la quantité de substance chimique qui peut réalistement atteindre la couche de terre. Plusieurs études menées dans des forêts du Canada et dans le nord-est des États-Unis montrent que le glyphosate et l’AMPA sont fortement sorbés et généralement retenus dans les 15 cm supérieurs de sol, et donc il est peu probable qu’ils pénètrent dans la surface ou les eaux souterraines. Dans les situations où la pluie est suffisamment abondante, les résidus liés aux particules du sol peuvent migrer vers les eaux de surface, mais il est peu probable que ces résidus soient encore biodisponibles, vu leur forte affinité de liaison avec les éléments constituants de la matière organique et de l’argile.

Dans les sols forestiers, on détecte rarement du glyphosate sous les 15 cm supérieurs (Thompson et coll. 2000; Roy et coll. 1989; Feng et coll. 1990; Legris et coll. 1988; Newton et coll. 1984; Newton et coll. 1994), ce qui suppose qu’il est très improbable que le glyphosate s’infiltre dans le sol forestier pour atteindre les eaux souterraines. Vu les utilisations typiques en foresterie, le risque de contamination des eaux souterraines par des herbicides à base de glyphosate est bien moindre qu’en agriculture, si l’on considère le faible pourcentage du territoire forestier qui est traité, le fait qu’il y a généralement une seule application par terrain au cours d’une période de 40 à 80 ans, que les zones traitées sont généralement situées très loin des sources d’eau potable et que de vastes zones tampons protègent ces sources, le cas échéant. Même dans le secteur agricole où les herbicides à base de glyphosate sont utilisés abondamment, on n’observe généralement que des concentrations très faibles de glyphosate, et ces concentrations se produisent très peu souvent. Vereecken (2005) a fait rapport sur plusieurs études effectuées dans le secteur agricole en Europe, et ces études montraient aussi des résidus en faibles concentrations de façon peu fréquente dans les eaux souterraines, et rien qui ne dépasse les normes en matière d’eau potable au Danemark, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Norvège. Dans un autre exemple, Battaglin et coll. (2014) ont récemment affirmé que, sur les 1 171 échantillons d’eau souterraine analysés prélevés dans 807 lieux différents, on a détecté du glyphosate dans seulement 5,8 % et de l’AMPA, dans 14,3 % de tous les échantillons d’eau souterraine. Les concentrations maximales des deux composés trouvées dans les eaux souterraines étaient de 2,03 et de 4,88 ppb respectivement, ce qui est grandement inférieur à la concentration maximale acceptable de 280 ppb établie par Santé Canada pour protéger la vie humaine, en supposant une consommation quotidienne de 1,5 l d’eau potable durant la vie (70 ans) (Santé Canada 2014). De même, une étude pluriannuelle sur les résidus de pesticide dans quatre rivières d’une région agricole du sud du Québec a mesuré des concentrations maximales de glyphosate allant de 3,3 à 29,0 ppb (Giroux et Pelletier 2012). Le second chiffre représente la concentration la plus élevée de glyphosate observée dans des eaux de surface pouvant être considérées comme des sources d’eau potable. L’ARLA (2015) a conclu que les risques alimentaires ne sont pas préoccupants en ce qui concerne la toxicité aiguë ou chronique pour les humains en général ou pour des sous-populations comme les enfants ou les femmes en âge de procréer.

En avril 2015, l’ARLA a publié son plus récent examen du glyphosate et déclaré que le poids de la preuve montre que le glyphosate ne présente pas un risque inacceptable pour la santé humaine. L’examen intégral du glyphosate par l’ARLA se trouve ici, ou veuillez cliquer ici pour une version sommaire de l’examen par l’ARLA.