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Est-ce que l’application d’herbicides à base de glyphosate a une incidence sur la diversité des végétaux forestiers?

Catégorie : L'Environnement et la faune

ui – mais ce n’est qu’un élément du cycle de régénération de l’aménagement forestier. Les traitements au glyphosate ne sont qu’un des nombreux outils dont disposent les aménagistes forestiers pour favoriser la croissance des conifères (résineux). Le traitement réduit la population d’espèces concurrentes dans les zones traitées. Cependant, les communautés végétales repoussent rapidement à partir des semences non touchées qui restent dans le sol des terrains traités. Plusieurs études sur le terrain à des niveaux d’exposition et dans des conditions ambiantes réalistes montrent que les traitements au glyphosate ne mènent pas à des monocultures de plantes.



Pour répondre à cette question, il est important de faire la distinction entre la diversité, la richesse spécifique et l’abondance des plantes au sein d’une communauté. La richesse spécifique désigne simplement le nombre d’espèces différentes dans une communauté donnée, tandis que la diversité mesure à la fois des aspects relatifs à la richesse spécifique et à la régularité (c.-à-d. le degré d’uniformité dans l’abondance des différentes espèces). Les herbicides à base de glyphosate servent surtout à améliorer la régénération des conifères sur des terrains récemment récoltés. Dans cet objectif, une application efficace de ce genre de produit aura comme effet de réduire temporairement l’abondance, la couverture et la vigueur des espèces végétales concurrentes (p. ex., espèces ligneuses à feuilles caduques, arbustes) de façon à favoriser la croissance des jeunes pousses de conifères. Comme le glyphosate se lie fortement au sol et n’est pas tellement absorbé par les racines des plantes, les espèces végétales qui se régénèrent à partir de semences vont rapidement se rétablir sur les terrains traités. On peut voir la manipulation de la dynamique de la communauté végétale dans le but de donner un avantage temporaire aux conifères comme un moyen de raccourcir la première phase d’un processus de succession naturel et d’assurer le remplacement des peuplements dominés par les conifères dans le paysage. Bien que l’abondance et la vigueur des concurrents ciblés soient temporairement réduites, de façon générale, les traitements aux herbicides à base de glyphosate ne donnent pas lieu à une réduction importante dans la richesse en plantes vasculaires sur le terrain traité et ne produisent pas des monocultures de plantes.

Dans le cadre d’un examen plus vaste des effets des herbicides à base de glyphosate sur la diversité des plantes et des animaux, Sullivan et Sullivan (2003) ont signalé que 10 des 12 études montraient que la richesse spécifique et la diversité des plantes vasculaires n’étaient pas touchées ou avaient augmenté après les traitements de glyphosate, surtout les espèces herbacées. Dans les deux autres études, Sullivan et coll. (1988) ont observé une diminution de la richesse spécifique d’arbustes au cours des cinq premières années suivant le traitement, et Santillo et coll. (1989) ont observé une richesse spécifique d’arbustes et d’herbes non graminéennes moins grande dans les zones traitées comparativement aux zones non traitées. L’objectif sylvicole des traitements herbicides est de réduire temporairement la concurrence des feuillus ligneux, des arbustes et d’autres plantes de façon à favoriser la régénération des essences du peuplement final (généralement des conifères). Essentiellement, le traitement herbicide donne aux conifères une longueur d’avance dans le processus de succession pour favoriser un peuplement dominé par les conifères afin de remplacer les conifères qui ont été récoltés. En raison surtout de la non-persistance du glyphosate et de son absence d’activité dans le sol, les effets sur la communauté végétale sont de courte durée. Les traitements herbicides à base de glyphosate sont très efficaces pour réduire temporairement l’abondance et la vigueur des espèces végétales concurrentes ciblées (espèces ligneuses à feuilles caduques dominantes, arbustes et espèces herbacées), mais ils ne génèrent pas de monocultures de plantes en couche unique ni ne réduisent la richesse spécifique globale (Freedman et coll. 1994; Gagné et coll. 1999; Bell et Newmaster 2002; Newmaster et Bell 2002). Les résultats de l’étude de Bell et Newmaster (2002) peuvent être considérés comme typiques; en effet, l’étude a montré que les herbicides avaient un effet initial relativement plus grand sur la composition de la communauté végétale comparativement à deux traitements mécaniques différents de contrôle de la végétation, mais que les couches ligneuses, herbacées et graminées montraient une grande résilience face à tous les traitements et revenaient au même niveau qu’avant le traitement dans un délai de cinq ans. Des effets relativement plus importants ont été observés sur les fougères, les mousses et les lichens, mais même ces groupes d’espèces ont récupéré durant la période de cinq ans (Newmaster et Bell 2002).