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Comment les populations de petits et de grands mammifères sont-elles affectées par la gestion de la végétation et l'utilisation du glyphosate?

Catégorie : L'Environnement et la faune

De nombreux examens scientifiques et réglementaires concluent systématiquement que l’utilisation d’herbicides à base de glyphosate conformément au mode d’emploi ne présente pas de risque important de toxicité directe pour la faune, y compris l’orignal, le chevreuil et les petits mammifères. Le risque de toxicité directe est donc considéré comme extrêmement faible. On sait que les effets indirects découlant de la réduction des espèces ligneuses à feuilles caduques limitent au moins temporairement l’utilisation des zones traitées aux herbicides par les orignaux. Cependant, comment seulement un tiers environ des terres déboisées sont traitées au moyen d’herbicides à base de glyphosate chaque année, les petits et les grands mammifères s’adaptent généralement à ce changement temporaire sur une petite partie du territoire en se déplaçant et en se nourrissant ailleurs, y compris sur les deux tiers des terres déboisées annuellement qui se régénèrent sans traitement herbicide.



Un orignal cherchant de la nourriture (Photo : Doug Pitt).


Les évaluations de risque et les examens scientifiques indépendants concluent systématiquement que l’utilisation d’herbicides à base de glyphosate conformément au mode d’emploi ne présente pas de risque important de toxicité directe pour la faune (ARLA 2015; Thompson 2011; Durkin 2003; Tatum et coll. 2004; Guynn 2004; Sullivan et Sullivan 2003; Solomon et Thompson 2003; Giesy et coll. 2000, Couture et coll. 1995). Ces conclusions à forte convergence sont par ailleurs étayées par le fait qu’en 30 ans d’utilisation homologuée pour la gestion de la végétation forestière, il n’a été rapporté aucun cas scientifiquement documenté de mortalité directe d’orignaux, de chevreuils ou d’autres animaux attribuable à une exposition à un herbicide à base de glyphosate.


Des effets indirects découlant des changements induits par l’herbicide sur la communauté végétale des sites traités se produisent et ont été scientifiquement étudiés et documentés, y compris les aspects liés à l’utilisation par l’orignal de l’habitat modifié. Le changement le plus important induit par les traitements aux herbicides à base de glyphosate est la diminution de la quantité relative d’arbustes ligneux à feuilles caduques (p. ex., érable, tremble, bouleau, cerisier de Pennsylvanie et aulne) que l’orignal préfère brouter. Les quantités moindres de cette source de nourriture mènent généralement à une population d’orignaux moins abondante sur les sites traités, mais cette baisse est passagère. Durant la période pendant laquelle la végétation ligneuse à brouter ne pousse pas, ce qui dure habituellement plusieurs années après le traitement (Sullivan et Sullivan 2003; Lautenschlager et coll. 1999; Raymond et coll. 1996; Escholz et coll. 1996), l’orignal aura tendance à moins utiliser les sites traités pour se tourner vers des lieux qui contiennent de grandes quantités de matière à brouter à la hauteur qu’il préfère. Devant ces faits, il faut se rappeler qu’un tiers environ des forêts exploitées chaque année est traité aux herbicides à base de glyphosate, tandis que la majeure partie (les deux tiers) se régénère sans traitement chimique. La plupart de ces zones déboisées contiendront des quantités copieuses de matière ligneuse à brouter. De plus, l’orignal consomme une grande variété de plantes pour se nourrir, et en particulier des plantes aquatiques durant l’été. Les systèmes aquatiques ne sont jamais pulvérisés intentionnellement avec des herbicides à base de glyphosate, et les étangs les lacs et les terres humides permanentes de plus grande étendue sont protégés par des zones tampons, ce qui évite toute modification importante dans la communauté végétale aquatique avec laquelle se nourrit abondamment l’orignal durant l’été. Enfin, notons que les communautés végétales présentes sur les terres forestières récemment déboisées sont très dynamiques et qu’elles poussent et changent rapidement au cours des premières années de l’évolution de la succession des espèces. La plupart des animaux qui utilisent naturellement ces habitats pionniers sont bien adaptés à la dynamique des communautés végétales et à la recherche d’aires d’alimentation qui conviennent à leurs besoins nutritifs.

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